Programmes de mathématiques de lycée : ce que porte le Sgen-CFDT

Une première consultation des organisations syndicales sur les projets de programmes de Mathématiques a eu lieu le 6 novembre. Analyses et revendications du Sgen-CFDT.

Le Sgen-CFDT regrette que la place des mathématiques, et surtout des mathématiques pour tous dans la réforme, ait été étudié trop rapidement. L’écriture des programmes s’en ressent, et risque d’aboutir à nombre de situations pénalisantes pour les personnels et pour les élèves, et qui n’ont pas été anticipées.

Les points positifs

  • La qualité et la cohérence du travail mené
  • La réintroduction de notions de calculs clairement identifiées, aussi bien en seconde que dans le tronc commun de première technologique
  • L’ambition du programme de spécialité de première

Les points de « blocage »

  • Aucune visibilité sur les programmes de terminale (spécialité, complémentaire…)
  • Le programme de seconde reste globalement lourd en volume
  • Le programme de spécialité de première générale semble presque exclusivement destiné à des élèves se préparant à des carrières scientifiques. Les élèves à profil « économique » poursuivant leurs études par exemple en DUT Techniques de commercialisation ou GEA, les élèves se destinant à des professions où la culture mathématique est cruciale (journaliste, professeur des écoles…) semblent les grands oubliés de la réforme du lycée, du point de vue des mathématiques.

Il est absurde que de tels élèves n’aient de choix en première qu’entre une spécialité mathématiques où ils ont de très grandes chances d’être en échec et pas de mathématiques du tout (le contenu mathématique de l’enseignement scientifique commun étant plus que mince).

Les revendications

Il paraît crucial d’aménager les projets de programme pour englober tous les élèves dans la réussite, et ne pas rentrer dans un nouveau processus de sélection précoce par les mathématiques, processus qui sera mortifère pour les enseignants et pour les élèves.

Au-delà des notions proposées (sans doute à la marge quelques ajustements sont possibles comme la suppression de la présentation de l’écart type en statistiques en seconde), la profondeur d’exigence en seconde et en première est une variable fondamentale dans cet objectif.

Ainsi en seconde, les pistes d’approfondissement proposées doivent apparaître clairement comme facultatives, le statut des démonstrations présentes dans le programme doit être clarifié.

Les élèves souhaitant par exemple s’orienter en STI ou STL doivent réussir convenablement en mathématiques en classe de seconde.

En enseignement de spécialité de première, les efforts en direction des élèves qui n’ont pas vocation à poursuivre une carrière scientifique (introduction des probabilités conditionnelles, diminution de la partie géométrique par rapport au programme de première S) doivent être poursuivis, toujours dans le cadrage des exigences, si on ne veut pas assister soit à des drames d’orientation, soit à une hétérogénéité prolongeant celle de la première S.

Pour le Sgen-CFDT, la spécialisation doit être plus progressive, et le palier à franchir le plus important doit se situer entre la première et la terminale, et non pas entre la seconde et la première.

Dans le cas où l’option « maths complémentaires » de première s’ouvrirait à tous les élèves de terminale qui le souhaiteraient, le financement des heures doit être revu à la hausse.