Transfert des Dronisep et fermeture des CIO : lettre ouverte de la CFDT

Le projet de loi sur la formation professionnelle et l’apprentissage est présentée au parlement à compter du 12 avril. En prévoyant notamment la fermeture des Centres d'Informations et d'Orientation et le transfert des Dronisep, le Sgen CFDT estime qu'il pourrait bien aggraver les inégalités.

Transfert des Dronisep vers les régions

Il prévoit notamment le transfert aux Régions de l’information liée à l’orientation et le transfert des directions régionales de l’ONISEP, office national de l’information sur l’enseignement et les professions. Cet organisme, créé en 1970 est un éditeur public, sous la double tutelle du Ministère de l’Éducation nationale et du Ministère de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Il élabore pour les parents,  les élèves, aux étudiants, les enseignants, les psychologues de l’éducation nationale des guides, distribués gratuitement pour l’entrée en 6ème, en 3ème, en 2nde, en terminale. Il propose aussi des informations pour des publics spécifiques : personnes handicapées, décrocheurs…

Chacun peut donc bénéficier d’une même information, fiable, neutre, objective, sur les métiers et les formations et avoir une meilleure connaissance des formations disponibles sur son territoire, à l’échelle d’une académie.

Le transfert prévu des directions régionales de l’ONISEP aux régions laisse craindre que les informations ne seront plus équitablement données à l’ensemble des jeunes, mais soumises aux exigences locales, remettant en cause de droit fondamental, inscrit dans le droit de l’éducation, d’un accès à l’information. Cela impose également à 270 personnes de choisir entre la région et l’état.

Fermeture des CIO

Le ministère de l’éducation nationale prévoit par ailleurs de fermer les centres d’information et d’orientation (CIO), soit environ 390 points d’accueil, ouverts au public de la 6éme à l’université ainsi qu’à toute personne, jeune ou adulte recherchant des informations sur les études et les métiers.

Dans ces services publics, les usagers peuvent bénéficier gratuitement d’entretiens, d’accompagnements et de suivis par des professionnels, les Psychologues de l’éducation nationale, spécialisés dans le conseil en orientation scolaire et professionnelle.

Dans le cadre de leurs missions, les CIO contribuent activement au service public régional de l’orientation (SPRO), animent les bassins d’éducation, travaillent avec d’autres partenaires (missions locales, mission de lutte contre le décrochage scolaire, chambre des métiers, CCI…) au suivi et à la recherche de solutions pour les jeunes scolarisés, déscolarisés, décrocheurs, sortis sans solution du système scolaire, nouvellement arrivés en France, souhaitant un retour en formation initiale.

Nous souhaitons que nos parlementaires alertent l’Etat sur cette responsabilité qui est la sienne de prendre en charge l’accompagnement vers la qualification et l’insertion de tous les publics, scolarisés ou non. Le maintien d’un service gratuit de proximité permet de réduire considérablement les inégalités sociales sur le territoire en matière d’accès aux informations mais aussi dans l’accompagnement à la construction d’un projet scolaire et professionnel. Il maintient une cohérence nationale par un réseau de proximité gratuit et de qualité équivalente.

En créant ainsi un vide de service public, l’Etat aggrave la désertification des territoires ruraux.

A titre d’exemple, pour un gros CIO de 23 PsyEN (EDO) assistés des 4 personnels administratifs et d’une documentaliste (ITRF) accueillant en moyenne 3 900 usagers par an et traitant plus de 11 500 demandes par téléphone, le budget de fonctionnement s’élève à 11 307 euros pour une année de fonctionnement quand un seul élève de classe préparatoire coûte 15 000 euros par an.

Les CIO ne sont donc pas un luxe dont la nation pourrait se passer.

Consulter notre tract :

Non-à-la-fermeture-des-CIO-non-au-démantèlement-de-lOnisep