Pour assurer leurs missions, les établissements ont besoin de moyens

Déclaration de la CFDT Education Formation Recherche Publiques au Conseil Supérieur de l'Education du 15 janvier 2026.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques veut aujourd’hui rappeler une évidence trop souvent oubliée : la plus-value d’un établissement est sa capacité à encadrer chaque élève, à le faire progresser, à lui offrir un climat serein. Pourtant, comment y parvenir quand les moyens manquent, quand les équipes sont épuisées, quand les familles les plus éloignées de l’école se sentent exclues, et quand l’autonomie des établissements est un leurre en raison des injonctions incessantes (et parfois contradictoires), et faute de confiance et de moyens donnés aux équipes.

La réussite éducative ne se décrète pas, elle se construit. Elle se construit par des personnels en nombre suffisant et reconnus financièrement, des postes de médecins, d’infirmières, d’assistantes sociales, de psychologues pourvus, des équipes de vie scolaire complètes.

La prime REP+ a montré l’effet d’un vrai choc de rémunération : la stabilité des équipes, c’est du concret. Il faut généraliser cette ambition.

La stabilité des équipes est un atout majeur. Un collège à taille humaine, des locaux dignes, des équipes de direction écoutées, des personnels qui s’investissent sans se laisser submerger : voilà ce qui fait la différence. Mais cela ne tient qu’à un fil, quand les moyens viennent à manquer, quand les effectifs explosent, quand les inégalités territoriales s’aggravent et quand les collectivités territoriales n’ont plus les budgets pour maintenir et améliorer le bâti scolaire et renouveler les manuels ou les équipements.

Le plan 800 collèges met en avant l’autonomie des équipes mais l’autonomie sans moyens n’est qu’une illusion. Comment innover, adapter les réponses aux besoins locaux, quand chaque décision se heurte à des contraintes budgétaires ou administratives ? Les équipes ont besoin de marges de manœuvre réelles : pour organiser le temps scolaire, pour mettre en place des dispositifs adaptés, pour travailler en partenariat avec les acteurs du territoire. L’autonomie, ce n’est pas l’abandon, c’est la confiance, la vraie ! Elle demande des moyens humains, financiers, et une formation continue ambitieuse pour tous les personnels.

Ce plan ne permettra pas de compenser l’absence de refonte de la carte de l’éducation prioritaire. Il ne permettra pas non plus de compenser l’absence de politique forte en faveur de la mixité scolaire et contre la ségrégation sociale qui progresse, autant dans le privé que dans le public.

Monsieur le Ministre, vous semblez donner des gages de confiance aux équipes, il ne manque plus que les moyens. L’école ne demande pas l’aumône, elle demande un financement à la hauteur de ses missions. Et œuvrer en faveur de la mixité est une mission ô combien importante, pas seulement pour l’École mais pour l’unité de la Nation. Les temps actuels sont bien sombres à toutes les échelles mais vous pouvez au moins œuvrer à panser les plaies, les fractures qui ne cessent de se creuser dans notre pays.

L’École ne peut pas tout et ne doit pas être vue comme le rempart à toutes les dérives de notre société mais il est de votre devoir de remettre la justice sociale au 1er plan.

C’est ambitieux mais nécessaire pour permettre la réussite de toutes et tous. La mixité, la réussite et la sérénité ne se font pas sans ambition ou sans justice sociale.