Mobilisations lycéennes : 8 octobre

Mobilisation lycéenne : la CFDT Éducation appelle à soutenir le mouvement du 8 octobre

Après la mobilisation du 6 octobre, les organisations lycéennes poursuivent leur mouvement

La mobilisation des lycéennes et des lycéens du mardi 6 octobre a constitué un temps fort. De nombreux jeunes se sont mobilisés partout en France pour faire entendre leurs préoccupations et leurs attentes concernant leurs conditions d’études et, plus largement, l’avenir du service public d’éducation.

Les manifestations et rassemblements se sont déroulés dans une atmosphère déterminée mais largement pacifique. La présence de nombreux adultes aux côtés des élèves, notamment des personnels de l’Éducation nationale et de leurs organisations syndicales, a contribué au bon déroulement de cette journée.

Face à l’absence de réponses jugées suffisamment ambitieuses de la part du gouvernement, les organisations lycéennes ont décidé de poursuivre leur mobilisation le jeudi 8 octobre.

La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques appelle ses adhérentes et ses adhérents à soutenir cette nouvelle journée de mobilisation, dans le respect de l’indépendance et des décisions prises par les organisations lycéennes.

Des revendications qui rejoignent les alertes portées depuis longtemps par les personnels

Pour la CFDT Éducation, les revendications exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes. Elles mettent en lumière des difficultés qui ne concernent pas uniquement les élèves, mais qui touchent l’ensemble de la communauté éducative.

Les conditions d’accueil et d’apprentissage, les effectifs trop importants dans certaines classes, les difficultés de remplacement des enseignant·es, la construction des emplois du temps, les rythmes de travail ou encore l’état des bâtiments scolaires constituent autant de problèmes auxquels les personnels sont confrontés quotidiennement.

Ces sujets sont loin d’être nouveaux. Ils font depuis longtemps l’objet d’alertes et de revendications de la part de notre organisation syndicale. Les mobilisations actuelles montrent à quel point ces questions sont également devenues centrales pour les jeunes eux-mêmes.

La réponse à ces difficultés ne peut donc pas reposer uniquement sur les personnels présents dans les établissements. Elle nécessite des décisions politiques et des moyens budgétaires permettant d’améliorer durablement les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

Des réponses gouvernementales qui restent insuffisantes

Les dernières prises de parole du gouvernement ne permettent pas, à ce stade, de répondre aux attentes exprimées. Les annonces successives donnent également le sentiment d’un manque de cohérence et de préparation, alors même que les personnels attendent des réponses claires et concrètes.

La lettre adressée par le Premier ministre Sébastien Lecornu aux organisations lycéennes ne répond pas suffisamment, selon les organisations syndicales, à la réalité du fonctionnement du système éducatif. Elle tend notamment à faire peser sur les équipes et les personnels en place une part trop importante de la résolution des difficultés.

Or, les problèmes rencontrés dans les établissements relèvent pour une large part de choix qui nécessitent des décisions nationales et des moyens nouveaux.

L’état du bâti scolaire, les inégalités entre les territoires et entre les établissements, les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur, les enseignant·es non remplacé·es ou encore les emplois du temps difficiles à supporter sont autant de sujets qui doivent être traités à la hauteur des enjeux.

Pour la CFDT Éducation, l’examen du budget doit constituer une première occasion d’apporter des réponses concrètes à ces difficultés. Des moyens supplémentaires sont indispensables pour améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des élèves.

Donner ensuite toute sa place à la concertation

Au-delà des réponses budgétaires immédiates, les enjeux soulevés par la mobilisation doivent ouvrir un travail plus large sur l’organisation du système éducatif.

La question de l’encadrement des élèves, de leur accompagnement et de leur orientation doit notamment faire l’objet d’une véritable concertation. Il s’agit de réfléchir collectivement aux moyens de mieux accompagner chaque jeune dans son parcours scolaire et dans la construction de son projet d’avenir.

Cette réflexion doit associer les personnels, les élèves, leurs représentant·es et l’ensemble des acteurs de la communauté éducative. Elle ne peut se limiter à des annonces ponctuelles ou à des mesures décidées sans prendre en compte les réalités vécues dans les établissements.

Soutenir les élèves tout en garantissant des mobilisations sereines

Dans ce contexte, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, avec la FSU, l’UNSA Éducation, la FNEC FP-FO, la CGT Educ’action et SUD Éducation, appelle les personnels à être aux côtés des élèves et à soutenir leurs revendications.

Cet appel s’inscrit dans le respect de l’indépendance du mouvement lycéen. Il ne s’agit pas de se substituer aux organisations lycéennes, mais de reconnaître la légitimité de leurs demandes et de contribuer à ce qu’elles soient entendues.

Les personnels qui souhaitent se mobiliser sont ainsi invités à se saisir des possibilités d’action prévues le jeudi 8 octobre, notamment par la grève.

La CFDT Éducation rappelle également son attachement au dialogue et à la recherche de solutions par la concertation. Le droit de manifester et de se mobiliser doit pouvoir s’exercer dans des conditions permettant à chacune et chacun de participer en toute sécurité.

Il appartient donc au gouvernement de garantir le bon déroulement des mobilisations à venir, dans le calme et sans violences, et d’assurer la sécurité de l’ensemble des personnels, des élèves et des usagers.

Pour de meilleures conditions d’études et davantage d’égalité

La mobilisation des lycéennes et des lycéens doit être entendue comme une alerte sur l’état du système éducatif et sur les difficultés auxquelles sont confrontés les jeunes comme les personnels.

Améliorer les conditions d’études, lutter contre les inégalités, permettre un accompagnement de qualité et garantir un service public d’éducation à la hauteur des besoins nécessitent des choix politiques et budgétaires ambitieux.

La CFDT Éducation continuera de porter ces exigences et de défendre, aux côtés des personnels et dans le respect du mouvement lycéen, une école qui donne à chaque jeune les moyens de réussir dans de bonnes conditions.

Tract intersyndical ICI