Le syndicat estime que les personnels sont trop souvent laissés seuls face aux situations de risque pour leur santé et celle des élèves.
Canicule à l’école : la CFDT dénonce l’impréparation de l’État et appelle les personnels à signaler les risques
Alors que les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et affectent de plus en plus les conditions de travail dans les écoles et établissements scolaires, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris alerte sur l’insuffisance des réponses apportées par les autorités.
Un plan canicule jugé tardif
Présenté par le ministère de l’Éducation nationale le 28 mai dernier, le plan « canicule » est arrivé après le début d’un premier épisode de fortes chaleurs. Pour la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris, ce retard illustre un manque d’anticipation récurrent face aux conséquences du changement climatique sur les conditions d’enseignement et de travail.
Directeurs d’école et chefs d’établissement se retrouvent en première ligne pour assurer la sécurité des élèves et des personnels, tout en veillant au respect de la réglementation.
Des risques réels pour la santé
L’exposition à des températures élevées peut provoquer fatigue, crampes, maux de tête, vertiges, nausées ou, dans les cas les plus graves, un coup de chaleur pouvant entraîner des conséquences mortelles.
La CFDT rappelle qu’un coup de chaleur survenu dans le cadre du travail peut être reconnu comme un accident de service. En cas de malaise lié à la chaleur, le syndicat recommande de contacter immédiatement les secours : le SAMU (15) ou les pompiers (18).
Le syndicat souligne également que certains symptômes peuvent apparaître après la journée de travail et insiste sur l’importance de faire reconnaître ces atteintes comme liées à l’activité professionnelle.
Le registre santé et sécurité au travail comme outil d’alerte
encourage les personnels à utiliser le registre santé et sécurité au travail (RSST), obligatoire dans chaque établissement. Ce document permet de signaler toute situation présentant un risque pour la santé, la sécurité ou les conditions de travail.
Le syndicat recommande notamment de relever et d’indiquer les températures constatées dans les locaux lors des signalements.
Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), la chaleur peut constituer un risque dès 30 °C pour une activité sédentaire et dès 28 °C pour un travail physique.
Pour les écoles maternelles, la CFDT estime que les risques pour les jeunes enfants doivent être signalés dès que la température intérieure atteint entre 26 °C et 28 °C, particulièrement lorsque les températures extérieures dépassent 35 °C.
Responsabilité de l’employeur
Le syndicat rappelle que les signalements inscrits au RSST sont destinés à l’employeur, le directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) ou le rectorat, et non aux seuls responsables locaux.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris, ces signalements permettent aux personnels de démontrer qu’ils ont alerté leur hiérarchie sur les risques encourus. En cas d’accident ou de contentieux, la responsabilité incombe alors à l’employeur si aucune mesure adaptée n’a été prise.
Les fiches sont également transmises aux représentants syndicaux siégeant dans les formations spécialisées en santé, sécurité et conditions de travail (F3SCT), qui peuvent interpeller l’administration.
Intégrer le risque chaleur dans la prévention
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris demande que le risque lié aux fortes chaleurs soit systématiquement inscrit dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Cette démarche permettrait d’imposer à l’employeur des actions concrètes de prévention et d’amélioration des conditions de travail.
Le syndicat regrette toutefois que cette obligation réglementaire reste insuffisamment appliquée dans de nombreux établissements.
Fermeture des écoles : aucune règle automatique
Aucun seuil de température n’impose aujourd’hui la fermeture automatique d’une école ou d’un établissement scolaire.
Pour les écoles, la décision relève des maires et des préfets en concertation avec les autorités académiques. Dans les collèges et lycées, elle appartient au chef d’établissement, qui doit en informer les services académiques.
Droit d’alerte et droit de retrait
Face à une situation présentant un danger grave et imminent pour leur santé, les agents disposent d’un droit d’alerte et peuvent, sous certaines conditions, exercer leur droit de retrait.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris rappelle toutefois que cette démarche doit être justifiée par une situation de danger réel et ne pas exposer autrui à un risque supplémentaire. Dans les établissements scolaires, l’exercice de ce droit reste donc particulièrement encadré.
De nouvelles obligations pour les employeurs
Depuis le 1er juillet 2025, le Code du travail impose aux employeurs de mettre en œuvre des mesures spécifiques de prévention face aux épisodes de chaleur intense.
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris demande également une meilleure identification des personnels vulnérables, notamment les femmes enceintes, les personnes en situation de handicap ou souffrant de pathologies particulières, afin qu’ils puissent bénéficier d’aménagements adaptés.
Concernant les élèves, le syndicat estime que la médecine scolaire doit jouer un rôle central dans le repérage et l’accompagnement des situations de vulnérabilité.
Une adaptation devenue urgente
La CFDT Éducation Formation Recherche Publiques Paris, la multiplication des vagues de chaleur impose désormais une véritable politique d’adaptation des bâtiments scolaires et des conditions de travail. Le syndicat appelle les personnels à signaler systématiquement les situations à risque et à se rapprocher de leurs représentants afin d’obtenir accompagnement et soutien.