Cela a été un combat syndical de longue haleine mais la mesure emblématique du Choc des savoirs, à laquelle nous nous opposons depuis le début, est enfin enterrée : seconde victoire ô combien satisfaisante !
Groupes de « besoins » en 6ème-5ème : fin de l’obligation
Le 15 janvier, le CSE s’est prononcé sur un décret et un arrêté dont l’intérêt commun est la suppression du caractère obligatoire d’organiser les enseignements de maths et de français en « groupes de besoins », sur l’ensemble de l’horaire, en classes de 6ème et de 5ème. Évidemment, la mesure ne prend pas effet immédiatement en cours d’année mais elle sera mise en œuvre à compter de la rentrée de septembre 2026.
Victoire incontestable : à partir de septembre 2026, les groupes pour l’enseignement des maths et du français en 6ème et 5ème ne sont plus obligatoires
Des marges de manœuvre élargies pour les établissements
Avec la nouvelle formulation, le focus est mis sur « un accompagnement pédagogique », « des organisations pédagogiques diversifiées » et le terme de « groupe » arrive désormais comme une des possibilités d’organisation. La CFDT Education Formation Recherche Publiques a porté des amendements pour que le mot disparaisse mais l’administration est têtue ou, plus probablement, ne se sent pas autorisée à rayer d’un trait la volonté du ministre à l’origine de l’idée. Le dialogue social a toutefois permis de faire disparaître l’obligation et même si les arguments ne sont pas cohérents, la DEGESCO n’a cessé d’expliquer que ce texte permettra aux établissements d’exercer pleinement leur autonomie. Dans chaque collège, ce sont les équipes qui pourront donc décider librement et collectivement des modalités d’accompagnement qu’elles souhaitent mettre en œuvre.
C’est localement, dans les instances de l’établissement que les choix d’accompagnement pédagogique pourront se faire…
… mais pour qu’il y ait une réelle autonomie des établissements, le texte devra encore être remanié
La suppression de l’obligation des groupes de besoins ne suffit pas
Sans financement, pas de réelle autonomie
Première revendication essentielle : des moyens pour permettre un meilleur accompagnement de tous les élèves et pour lutter contre la grande difficulté scolaire (objectif initialement annoncé des mesures du « Choc des Savoirs »). Décréter qu’il faut mettre en œuvre « un accompagnement pédagogique » qui « peut donner lieu […] à des organisations pédagogiques, notamment, […] des groupes à effectif réduit » tout en actant par ailleurs des mesures budgétaires qui laissent présager que la plupart des collèges ne bénéficieront de rien de plus que leur dotation de base (le nombre d’heures d’enseignements obligatoires par division plus une marge de trois heures) est un énième exemple de ces injonctions contradictoires dont notre ministère a le secret. Cynisme ou pensée magique : à vous de choisir votre explication.
L’obsession des « savoirs fondamentaux » persiste
D’autant plus qu’une autre demande pourtant portée avec vigueur, n’a pas été retenue : le texte continue de se focaliser sur les enseignements de maths et de français, là où la CFDT a demandé la suppression de cette mention. En effet, à la CFDT Éducation Formation recherche Publique, nous refusons cette vision passéiste, centrée sur des « savoirs fondamentaux ». Nous promouvons une École qui favorise toutes les Réussites et pour cela toutes les disciplines et tous les personnels ont leur rôle à jouer, y compris pour les élèves les plus en difficultés.
Pour une École valorisant les réussites, ne pas hiérarchiser les disciplines
Il n’y a pas que nous qui disions que ces groupes sont inutiles :
Article: Les groupes de niveau ne font pas progresser les élèves
Le rapport négatif de l’inspection générale sur les groupes de niveaux
